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A la folie, pas du tout (Laetitia Colombani)

A la folie, pas du tout (Laetitia Colombani)
A la folie, pas du tout

Réalisé par Laetitia Colombani – 2002 – France – Couleur – 1heure 27minutes

Avec Audrey Tautou, Isabelle Carré, Samuel Le Bihan, Clément Sibony...

Citation du film: « Il a serré ses bras contre mon corps, il a posé sa bouche sur mes lèvres, et m'a arraché au néant. »



Résumé : Angélique (Audrey Tautou) ,une jeune femme bordelaise, rencontre dans les toilettes d'un séminaire le docteur Loic Le Garrec (Samuel Le Bihan), marié à Rachel (Isabelle Carré). Dès le premier regard, elle en est sûre : elle l'aime, et il l'aime. Problème : si le premier point est incontestable, le second est plus délicat – il est marié et sa femme est enceinte. Cela n'empêchera pas la belle Angélique de vivre pleinement son rêve, et de tout faire pour que leur amour soit réel...


Critique : encore un film qui tente de répondre à l'éternelle question : jusqu'où peut-on aller par amour ? Partant d'un livre assez peu connu – dont j'ignore d'ailleurs le titre – voilà une jolie distribution pour un projet qui me le semble tout autant.

Trêve de réjouissances : bien qu'auréolé de la présence d'Audrey Tautou (au sommet de sa gloire : elle vient d'achever Amélie Poulain), l'ensemble est bancal et s'emporte parfois trop dans des pistes narratives pas assez développées. Il y a un manque cruel de maturité : le réalisateur a voulu donner l'impression d'être sérieux et machiavélique mais effectue des clichés de débutant (les médecins qui discutent...de médecine, ou encore l'accrochage dans l'aéroport) et accorde peu d'importance aux aspects techniques.

Ceux-ci manquent de qualité : les raccords sont secs et durs (mauvaise idée quand on fait un film d'amour à l'eau de rose), les plans sont inappropriés et sonnent faux (il y en a quand même quelques très beaux, comme celui où Tautou regarde la Garonne depuis un pont), et la photographie, toujours copiée d'Amélie Poulain (tons rose-rouge, ambiance bonne enfant), s'avère souvent terne. Heureusement qu'une merveilleuse héroïne crève l'écran de son naturel ravageur et de sa beauté.

Oui, heureusement qu'elle est là, Audrey, car sinon, c'était le naufrage assuré : prenez les aspects techniques que j'ai cité, ajoutez-y un des plus nuls acteurs français (je vous cite trois films dans lesquels il a joué – jugez donc : « Total Western », « 3 Zéros », « Nid de Guêpes ») – j'ai bien sûr nommé Samuel Le Bihan, dont les pubs Chevignon font de lui une star à l'étranger – ainsi que des seconds rôles quasi amateurs animés par la bonne volonté (mais également par un manque de talent), saupoudrez avec une musique criarde et trop suggestive, vous obtiendrez ce vaste thriller psychologique où l'on se perd vite, malgré de jolis atouts scénaristiques.

Le scénario, en effet, est bien fichu : à la manière de Lynch et d'Inarritù, il y a des flash-backs, des flash-forwards, bref, des décalages temporels incessants. Le début nous montre plein de « bouts » importants qui, privés de leur contexte, semblent idiots. A la fin, tout s'éclaircit enfin. Mais les dialogues niais, Samuel Le Bihan et de déroutantes séquences mal interprétées laissent un goût amer : celui de voir passer devant soi une excellente idée mal exploitée.

Néanmoins, un film mignon tout plein et une belle biographie d'une folle d'amour. Une éternelle rêveuse au visage d'ange pour qui rien ne compte plus qu'être aimée par celui qu'elle aime. Et la fin laisse une excellente impression, celle de savoir notre jolie héroïne sortie de ce pétrin de la plus belle des manières (et en faisant un pied de nez à la médecine – ceux qui l'ont vu comprendront). Allez, pour la belle Audrey et pour l'audace du scénario ; le reste est à jeter.

Critique de Cyril

La note : 7,5 / 20

Selon vous, quelle note mérite le film ?
# Posté le samedi 10 mars 2007 08:14
Modifié le dimanche 01 juin 2008 16:37

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